Air France abandonne 18 créneaux Orly dans le cadre d’un plan de recapitalisation français de 4 milliards d’euros – POLITICO

Air France a obtenu l’approbation de l’UE pour un plan de recapitalisation de 4 milliards d’euros par le gouvernement français après avoir accepté des conditions telles que l’abandon des créneaux aéroportuaires.

Dans le cadre de ce plan, la France pourrait augmenter sa participation dans la société holding du transporteur phare à près de 30%, contre 14,3% actuellement.

La Commission européenne a contraint la compagnie aérienne à renoncer à 18 de ses créneaux quotidiens prisés – droits de décollage et d’atterrissage – à l’aéroport congestionné de Paris Orly, où elle détient une puissance de marché significative. D’autres conditions visent à garantir que le gouvernement français soit suffisamment rémunéré et qu’Air France et ses actionnaires ne bénéficient pas indûment de l’opération.

« Cela donne aux transporteurs concurrents la possibilité d’étendre leurs activités dans cet aéroport, garantissant des prix équitables et un choix accru pour les consommateurs européens », a déclaré la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.

Les restrictions de voyage introduites par la France et par de nombreux pays de destination pour limiter la propagation du coronavirus ont fait subir à Air France et à sa holding « d’importantes pertes d’exploitation », a indiqué la Commission.

Le paquet de recapitalisation de 4 milliards d’euros comprend la conversion d’un prêt d’État de 3 milliards d’euros – déjà approuvé par la Commission en mai 2020 – en un instrument de capital hybride et une nouvelle injection de capital par la France via la souscription à une augmentation de capital ouverte à d’autres.

« L’Etat français n’a pas l’intention, à travers cette opération, de détenir plus de 29,9% du capital d’Air France-KLM ni de prendre le contrôle d’Air France-KLM », ont indiqué les gouvernements français et néerlandais dans un communiqué conjoint. Le gouvernement néerlandais, quant à lui, va enquêter sur « les conditions dans lesquelles une recapitalisation de KLM pourrait avoir lieu et une éventuelle intervention de l’Etat néerlandais dans une telle recapitalisation », selon le communiqué.

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré sur France Inter que le paquet «marque un engagement fort de l’État pour Air France, pour ses employés et pour garantir la pérennité d’une entreprise stratégique pour la nation française».

Air France dispose d’une flotte de plus de 300 avions et appartient au groupe Air France-KLM, dans lequel le gouvernement français détient une participation de 14,3%.

L’Allemagne a accepté des conditions similaires pour son transporteur Lufthansa l’année dernière, y compris la cession de jusqu’à 24 créneaux lucratifs dans les aéroports de Munich et de Francfort. Vestager a décrit cet ensemble de mesures correctives comme un précédent pour les futures aides d’État aux compagnies aériennes.

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