Aucun motif de poursuivre les allégations du rôle de la France dans le génocide au Rwanda, selon le procureur

Lundi, le principal procureur français, Rémy Heitz, a déclaré dans un communiqué que les enquêtes menées par les autorités françaises ne pouvaient pas prouver la complicité des troupes françaises dans les meurtres, orchestrés par le gouvernement rwandais dirigé par les Hutus.

Depuis le génocide, les critiques du rôle de la France ont déclaré que le président français de l’époque, François Mitterrand, n’avait pas réussi à empêcher les massacres ni même soutenu le gouvernement dirigé par les Hutus.

Le Rwanda a publié le mois dernier un rapport dans lequel il disait que la France était consciente que le génocide était en préparation au Rwanda avant les tueries.

«Le gouvernement français porte une responsabilité importante pour permettre un génocide prévisible», a déclaré le gouvernement rwandais dans son rapport de 600 pages, préparé par le cabinet d’avocats américain Levy Firestone Muse et publié sur le principal site Web gouvernemental du Rwanda.

Le rapport rwandais fait suite à la publication d’un autre rapport français, publié en mars, qui a dégagé la France de sa complicité dans le génocide – mais a constaté que «la France est néanmoins depuis longtemps impliquée dans un régime qui a encouragé les massacres racistes».

Le rapport français de 992 pages, résultat d’une enquête de deux ans, a déclaré que la France avait été aveuglée par son attitude coloniale à l’égard de l’Afrique face aux événements ayant conduit au génocide et qu’elle portait par conséquent une responsabilité «grave et écrasante».

Au cours d’une période de trois mois en 1994, près de 800 000 personnes ont perdu la vie lorsque des extrémistes hutus au Rwanda ont pris pour cible des Tutsis appartenant à des minorités ethniques et des Hutus modérés, massacrant dans certains cas des familles dans leurs maisons et incendiant des églises avec des gens à l’intérieur.

La violence a éclaté après qu’un avion transportant le président d’alors Juvénal Habyarimana, un Hutu, a été abattu le 6 avril 1994.

Le rapport français dit: « Il adopte un schéma binaire opposant, d’une part, l’ami hutu, représenté par le président Habyarimana, et d’autre part, l’ennemi qualifié d’«  ougandais-tutsi  » pour désigner le FPR [Rwandan Patriotic Front]. « 

«Au moment du génocide, [France] a mis du temps à rompre avec le gouvernement intérimaire qui le perpétrait. (…) Il a réagi tardivement avec l’opération Turquoise, qui a sauvé de nombreuses vies, mais pas celles de la grande majorité des Tutsi au Rwanda, qui ont été exterminés dans les premières semaines du génocide », ajoute le rapport. établit un ensemble de responsabilités, lourdes et écrasantes. « 

Le gouvernement rwandais a précédemment accusé des responsables français de complicité et des soldats français de viols et d’assassinats. Le gouvernement français a nié ces affirmations, bien que l’ancien président Nicolas Sarkozy ait reconnu des «erreurs» en 2010.

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