Des employés de Renault en colère retiennent les dirigeants en otage pour arrêter la vente d’une usine française

Délivré le: 28/04/2021 – 18:23

Les travailleurs d’une usine de pièces automobiles Renault dans le nord-ouest de la France ont détenu sept dirigeants contre leur gré pendant environ 12 heures mardi pour tenter d’empêcher la vente de l’usine, ont déclaré l’entreprise et des représentants syndicaux.

Cette décision était la dernière d’une longue série d’incidents dits de «sieste de boss» dans lesquels les dirigeants sont empêchés de rentrer chez eux par des militants syndicaux français dans le cadre de tactiques de négociation puissantes.

En 2014, les travailleurs d’une usine de pneus Goodyear dans le nord de la France ont retenu deux directeurs en captivité pendant près de 300 heures pour tenter d’empêcher la fermeture de l’usine.

Le dernier affrontement a eu lieu à la Fonderie de Bretagne, une fonderie près de la ville de Lorient qui a été mise en vente par Renault.

Le constructeur automobile a «fermement condamné» la détention de sept directeurs locaux mardi matin, appelant à leur permettre de partir.

Les dirigeants ont été libérés vers 22h30, a déclaré mardi à l’AFP le représentant syndical Mael Le Goff du syndicat CGT d’extrême gauche.

« Ils ne voulaient toujours pas avoir de dialogue, il était donc inutile d’essayer de parler à des gens qui ne voulaient pas s’engager », a déclaré Le Goff.

Renault a indiqué qu’il essayait de trouver un acheteur pour l’usine, qui emploie 350 personnes, afin de « maintenir l’activité sur le site et sauvegarder les emplois ».

Les relations de travail sont souvent tendues en France, avec des affrontements entre cadres et syndicats régulièrement à la une.

En 2015, des employés d’Air France en colère ont pourchassé plusieurs cadres au siège de la compagnie aérienne près de Paris, en déshabillant l’un d’eux jusqu’à la taille devant les caméras de télévision et en laissant un autre avec sa chemise et sa veste en lambeaux.

Trois personnes ont par la suite été condamnées à des peines de prison avec sursis pour l’attaque.

Une vague d’incidents de « sieste de patron » pendant la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 a conduit le dirigeant de droite à promettre de mettre fin à la pratique en donnant à la police des pouvoirs supplémentaires.

Alors que les dirigeants de la fonderie Renault ont été libérés, elle reste fermée et piquetée par les travailleurs qui demandent au géant mondial de l’automobile de mettre fin à ses projets de vente du site.

« Nous attendons toujours des progrès sur cette question », a déclaré le représentant syndical Le Goff. « Cela dure depuis un an, c’est épuisant. »

(AFP)

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