Des ONG déposent plainte en France contre des détaillants de mode pour travail forcé ouïghour

Délivré le: 10/04/2021 – 09:43

Une alliance d’ONG a appelé à une enquête en France sur quatre fabricants de vêtements multinationaux, les accusant de profiter du travail forcé de la minorité ouïghoure de Chine.

Les géants de l’habillement Inditex, Uniqlo, SMCP et le fabricant de chaussures Skechers dissimuleraient le travail forcé et les crimes contre l’humanité dans la production de leurs produits.

La plainte a été déposée par le groupe anti-corruption Sherpa, l’ONG Ethique (la branche française de Clean Clothes Campaign), l’Institut ouïghour d’Europe et une femme ouïghoure qui avait été détenue dans un camp du Xinjiang.

Dans un communiqué, les ONG ont déclaré qu’elles visaient à fournir aux autorités françaises des preuves que les entreprises étaient impliquées dans le travail forcé enduré par les Ouïghours dans les camps de détention chinois.

La plainte dénonçait «l’impunité de ces acteurs face aux violations commises dans le cadre de la mondialisation économique».

Les quatre sociétés, ainsi que d’autres entités, sont accusées de continuer à commercialiser des produits utilisant du coton produit dans la région du Xinjiang et, par conséquent, d’être « complices des crimes graves commis dans cette région ».

Selon le communiqué, la plainte était la première d’un certain nombre de pétitions de ce type qui seraient déposées dans les pays européens dans les mois à venir.

Des groupes de défense des droits disent qu’au moins un million d’Ouïghours et d’autres minorités majoritairement musulmanes ont été placés dans des camps dans la région du Xinjiang, où la Chine est également accusée d’avoir stérilisé de force des femmes et imposé des travaux forcés.

Les États-Unis affirment qu’un «génocide» a été infligé aux Ouïghours et à d’autres minorités musulmanes de la région, tandis que Pékin a nié toutes les allégations d’abus. Il affirme que ses politiques au Xinjiang sont nécessaires pour lutter contre l’extrémisme violent.

Fin mars, Pékin a retiré les produits du fabricant de vêtements suédois H&M de sa plate-forme en ligne Taobao, après avoir soulevé des inquiétudes concernant le travail forcé au Xinjiang et annoncé qu’il ne s’y approvisionnerait plus en coton.

(avec l’AFP)

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