Generation Identity: la France ferme un groupe d’extrême droite | Nouvelles d’enquête

Groupe anti-migrants, dont les membres ont été condamnés pour violence, dissous après des années de cascades et de discours de haine.

La France a fermé Generation Identity (GI) quelque huit ans après que le groupe d’extrême droite anti-migrants s’est fait connaître dans le pays en occupant une mosquée à Poitiers – la première de nombreuses cascades.

Dans un tweet mercredi contenant des images du décret gouvernemental, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que le groupe avait incité «à la discrimination, à la haine et à la violence».

La poussée pour fermer le groupe fait suite à une opération d’infiltration de l’Unité d’enquête d’Al Jazeera en 2018, qui a révélé le racisme, la violence et les liens du groupe avec le parti du Rassemblement national de Marine Le Pen.

Génération Identitaire, le nom français du groupe lyonnais, milite pour «défendre l’identité et la culture des Européens blancs» et dénonce ce qu’elle appelle le «grand remplacement» par l’immigration et «l’islamisation».

En 2017, GI était à l’origine de la cascade «Defend Europe» qui a vu des militants d’extrême droite s’embarquer sur la mer Méditerranée pour tenter de bloquer les opérations de sauvetage des réfugiés.

GI a été fondée en France et possède des succursales en Italie, en Autriche et en Allemagne, même si le nombre de ses membres aurait diminué ces dernières années.

L’association «Génération identitaire» a été dissoute ce matin en conseil des ministres, conformément aux instructions du Président de la République.
Comme le détaille le décret que j’ai présenté, elle incite à la discrimination, la haine et la violence. A lire 👇 pic.twitter.com/tfcQVC8AjX

– Gérald DARMANIN (@GDarmanin) 3 mars 2021

Une lettre datée du 11 février du ministère français de l’Intérieur au président du GI détaille les raisons de la dissolution du groupe.

Selon la lettre, l’enquête Al Jazeera, appelée Generation Hate, «a révélé la réalité de cette organisation» où les membres «se sont réjouis de l’agression d’une femme d’origine maghrébine».

La lettre accusait GI de «rhétorique ouvertement haineuse» qui «contribue à accroître les tensions au sein de la communauté nationale» et «provoque de violentes attaques».

Trois membres de l’IG condamnés

L’unité d’enquête d’Al Jazeera s’était infiltrée dans l’antenne lilloise du groupe, l’une des sections GI les plus actives de France, et avait impliqué son puissant dirigeant Aurélien Verhassel.

Un journaliste infiltré a attrapé Remi Falize, un des principaux membres du GI, devant la caméra déclarant son «dernier souhait» de conduire une voiture dans une zone remplie de musulmans. Il a également été filmé en train de frapper une fille de 13 ans à quatre reprises à la tête devant un bar de Lille. Une semaine plus tard, il a été vu à l’intérieur du siège de Lille GI célébrant l’assaut.

En décembre 2020, Falize a été reconnu coupable d’incitation au «terrorisme» et d’agression. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis.

Etienne «Le Roux» Vanhalwyn de GI, qui a été filmé en train de pousser un adolescent et de porter des toasts nazis, a été condamné à cinq mois de prison avec sursis pendant 18 mois.

Guillaume Dumont St Priest, qui a pulvérisé au poivre l’adolescente frappée par Falize, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

Liens de Marine Le Pen

Au lendemain de l’enquête, le groupe s’est distancé de Verhassel, affirmant qu’il n’était plus membre de leur mouvement.

Verhassel, cependant, a insisté sur le fait qu’il était toujours membre.

Lors d’une conférence de presse, Verhassel a affirmé que le documentaire d’Al Jazeera était basé sur des «visiteurs de passage» qui n’étaient pas liés à la «base militante» du groupe.

Al Jazeera a également révélé des preuves de liens étroits entre des militants du GI et des personnalités clés du Front national du Pen, le parti politique d’extrême droite le plus en vue de France, qui a depuis changé son nom pour devenir le Rassemblement national.

Deux membres du Parlement européen, Christelle Lechevalier et Sylvie Goddyn, expriment leur soutien à GI.

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