La France a permis le génocide au Rwanda de 1994, selon un rapport

Lors d’une cérémonie ce mois-ci dans la capitale rwandaise, Kigali, pour marquer le 27e anniversaire du génocide, le président Paul Kagame a salué le rapport français, affirmant qu’il montrait que «les vies rwandaises n’étaient que des pions dans les jeux géopolitiques».

« Nous nous félicitons de ce rapport car il marque une étape importante vers une compréhension commune de ce qui s’est passé », a déclaré M. Kagame. «Cela montre la volonté même des dirigeants français d’avancer avec une bonne compréhension de ce qui s’est passé.»

Le rapport intervient alors que M. Kagame fait face à de plus en plus de critiques à l’étranger sur la manière dont son gouvernement traite les critiques, y compris la poursuite du dossier de terrorisme contre l’ancien hôtelier Paul Rusesabagina.

Le gouvernement rwandais a chargé en 2017 le cabinet d’avocats de Washington Levy Firestone Muse d’enquêter sur le rôle de la France dans le génocide contre les Tutsi. Le rapport de l’entreprise s’appuie sur une gamme de sources, y compris des rapports gouvernementaux, des vidéos, des documentaires et des entretiens avec plus de 250 témoins.

La France et le Rwanda se sont disputés pendant des années les récits sur la façon dont le génocide s’est déroulé et l’étendue de la complicité française. Mais les relations ont progressivement commencé à se dégeler. En 2018, M. Macron a soutenu l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, pour diriger l’Organisation internationale de la Francophonie, une coalition de pays francophones – une initiative largement perçue comme un effort pour renforcer les relations avec Kigali.

M. Kagame s’est également rendu en France au moins trois fois depuis 2018, et les médias français ont rapporté que M. Macron pourrait se rendre au Rwanda cette année. Nicolas Sarkozy a été le dernier président français à se rendre au Rwanda, en 2010.

Ces dernières années, plusieurs affaires liées au génocide ont fait surface devant les tribunaux français.

En mai dernier, Félicien Kabuga, accusé de financement du génocide, a été arrêté à Paris après plus de deux décennies de fuite. En juillet, une cour d’appel française a mis fin à une enquête sur l’accident d’avion qui a tué M. Habyarimana, un événement qui a déclenché le génocide de 1994 et dont les alliés de M. Kagame ont été accusés. Et un prêtre rwandais a été arrêté en France la semaine dernière pour son rôle présumé en aidant ceux qui ont tué des personnes dans son église pendant le génocide.

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