La France aspire à un leadership vert mondial avec des règles de divulgation sur le climat

La France s’efforce de confirmer sa position de leader mondial de la publication d’informations sur le climat des entreprises avec un nouvel ensemble d’objectifs contraignants qui obligent les investisseurs à déclarer le degré d’écologisation de leurs actifs et à fixer des objectifs d’émissions de gaz à effet de serre tous les cinq ans.

En 2015, lorsqu’elle a accueilli les négociations des Nations Unies sur le climat qui ont conclu un accord majeur pour éloigner le monde des combustibles fossiles, la France a pris l’initiative d’exiger des institutions financières et des gestionnaires d’actifs qu’ils divulguent leur exposition aux risques climatiques. Depuis lors, le débat s’est davantage généralisé et les pays et les entreprises du monde entier se disputent la position de champions de l’environnement.

Ce mois-ci, la Grande-Bretagne a accueilli les pourparlers du G7 qui ont soutenu la divulgation obligatoire du climat et certains décideurs politiques souhaitent un accord pour établir des exigences mondiales en matière de rapports à temps pour les pourparlers de l’ONU sur le changement climatique de novembre à Glasgow. La France a cherché à conforter son avance avec la première réglementation mondiale, publiée le 2 juin et prenant effet à compter de la période de reporting 2021, pour obliger les investisseurs à fixer des objectifs d’émissions de gaz à effet de serre tous les cinq ans jusqu’en 2050 et pour des objectifs chiffrés de protection de la biodiversité. .

Les 230 sociétés de gestion de portefeuille visées par la réglementation devront déclarer le pourcentage de leurs actifs qui sont verts et leur exposition aux sociétés d’énergie fossile. La France tenait à ce que les gouvernements européens établissent les règles de base, plutôt que d’importer des recommandations volontaires influencées par les États-Unis. Il affirme que ses règles de 2015 ont servi de modèle pour les réglementations de l’UE sur la divulgation de la finance durable qui sont actuellement en vigueur.

« Nous ne voulons pas dépendre d’un cadre qui vient des États-Unis », a déclaré à Reuters l’ancienne secrétaire d’État à la transition environnementale, Brune Poirson. BÂTIR SUR L’EXPÉRIENCE

En 2015, la France a été à l’avant-garde lorsqu’elle a introduit l’obligation pour les investisseurs institutionnels et les gestionnaires d’actifs d’expliquer comment ils ont pris en compte les risques climatiques ou de justifier leur refus. Forte de plusieurs années d’expérience et de l’entrée en vigueur de la réglementation en matière de divulgation dans toute l’Union européenne, la France cherche à aller plus loin que ses pairs.

AXA Investment Managers, la branche de gestion d’actifs de l’assureur français, a déclaré que les règles françaises mises à jour étaient « plus détaillées que la réglementation européenne » et devraient être utilisées comme un « guide de l’utilisateur » pour mettre en pratique les nouvelles exigences de l’UE. La mise à jour de ce mois-ci a également rendu obligatoires les recommandations du groupe de travail dirigé par l’industrie sur les divulgations financières liées au climat (TCFD), qu’un nombre croissant d’entreprises à l’échelle internationale suivent sur une base volontaire.

Paris a soutenu les principes qui sous-tendent les recommandations TCFD influencées par les États-Unis depuis leur publication en 2017, mais s’était auparavant abstenu de les intégrer dans le cadre français. Ce changement le place juste devant la Grande-Bretagne, qui a proposé que les entreprises britanniques respectent les recommandations du TCFD à partir de l’année prochaine.

Les banquiers centraux font partie de ceux qui affirment que la déclaration obligatoire plutôt que volontaire est nécessaire pour faire face au risque d’actifs qui pourraient s’avérer de faible valeur en raison de leur exposition au climat. « La divulgation aidera les marchés à évaluer de manière appropriée les risques liés au climat et à assurer une allocation efficace du capital », a déclaré le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence en ligne sur les banques centrales au début du mois.

« C’est pourquoi la divulgation devrait devenir obligatoire, au moins dans un premier temps pour les institutions financières, comme c’est déjà le cas en France, et pour les grandes entreprises », a-t-il déclaré. RÈGLES CONTRE RÉALITÉ

Si les représentants des sociétés de gestion françaises ont soutenu l’approche de la France, ils ont déclaré que les règles d’information pour les investisseurs étaient en avance sur celles des entreprises composant leur portefeuille. « Le manque de données publiées par les émetteurs va nous empêcher de répondre aux exigences de la réglementation à court terme », a déclaré Alix Faure, responsable de l’investissement durable à l’association des gestionnaires d’actifs français.

Indépendamment des gouvernements et des régulateurs, de nombreux investisseurs ont fait pression pour plus de transparence climatique, ce qui a dans une certaine mesure érodé l’avantage de la France en tant que pionnier. Le groupe de campagne CDP, qui suit la divulgation des informations sur les entreprises, comptait 19 entreprises françaises sur sa liste A en matière de transparence l’année dernière, à égalité avec l’Allemagne mais derrière la Grande-Bretagne qui comptait 21 entreprises.

« Tout le monde rattrape son retard, en particulier en Allemagne où les grandes entreprises allemandes doivent être plus transparentes car les investisseurs l’exigent », a déclaré Laurent Babikian, directeur des marchés des capitaux du CDP. Alors qu’autrefois les règles climatiques dissuadaient les investisseurs qui recherchaient les rendements les plus élevés, investir dans des entreprises durables et éthiques est désormais largement considéré comme un moyen de réduire le risque financier.

Une étude de la banque centrale de France en janvier a révélé que les investisseurs français ont réduit leur exposition aux entreprises du secteur des combustibles fossiles de 39% depuis 2015, suggérant que 28 milliards d’euros (33,34 milliards de dollars) ont été canalisés ailleurs. Les groupes de pression verts, cependant, se demandent si le leadership français a eu beaucoup d’impact jusqu’à présent.

« La France s’est autoproclamée leader de la finance verte depuis 2017, mais quatre ans plus tard, l’incapacité du gouvernement à induire une réorientation des flux financiers révèle son échec en matière de politique climatique », a déclaré Lorette Philippot, militante des Amis de la Terre France. . (1 $ = 0,8393 euros)

(Cette histoire n’a pas été éditée par le personnel de Devdiscourse et est générée automatiquement à partir d’un flux syndiqué.)

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