La France lance la production de vaccins Covid, la méfiance face à AstraZeneca augmente

Délivré le: 05/04/2021 – 13:58

La France démarre cette semaine la production de vaccins Covid-19 sur plusieurs de ses sites de fabrication et ouvre mardi un «vaccinodrome» au Stade de France. Mais la méfiance quant à la sécurité d’AstraZeneca semble augmenter.

La France produira les vaccins Pfizer / BioNTech et Moderna sur cinq sites.

Mercredi, Delpharm débutera la fabrication du vaccin Pfizer / BioNTech dans son usine de Saint-Rémy-sur-Avre, à l’ouest de Paris. Il devrait produire des dizaines de millions de doses.

La production du vaccin ARNm de Moderna, quant à elle, débutera dans l’usine de Recipharm dans la vallée de la Loire.

Les installations ne fabriqueront pas les vaccins mais soutiendront leur formulation, en effectuant le remplissage et la finition, le contrôle et la congélation.

Plus loin, sous réserve d’autorisation, Farva devrait prendre en charge le remplissage et la finition du vaccin allemand CurVac sur son site de Pau dans les Pyrénées et pourrait fournir jusqu’à deux millions de doses par mois.

Et le laboratoire français Sanofi, qui a abandonné ses essais cliniques pour le vaccin 100% Made in France ARN Messager, devrait commencer à conditionner le vaccin Johnson & Johnson près de Lyon à partir du 19 avril.

Les vaccins seront ensuite distribués dans toute l’Union européenne.

«La France est sur le point de basculer dans la production massive de vaccins», a déclaré dimanche au quotidien Le Parisien Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur.

Course en avant

La France, et l’Europe en général, a été critiquée pour son déploiement tardif et lent du vaccin par rapport aux États-Unis, en Israël et au Royaume-Uni.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Europe a récemment décrit le déploiement des vaccins en Europe comme «inacceptablement lent» étant donné la flambée «inquiétante» du taux d’infection à coronavirus en Europe.

Les dirigeants de l’UE ont récemment accepté d’augmenter la production de vaccins au sein du bloc, après que le géant pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca ait annoncé qu’il ne serait en mesure de livrer que 100 millions des 300 millions de doses promises.

Breton, qui dirige le groupe de travail européen sur la production de vaccins, a déclaré qu’il pensait que l’immunité collective parmi les 446 millions d’habitants de l’UE pourrait désormais être atteinte d’ici la mi-juillet.

« 800 millions de doses seront disponibles au deuxième semestre », a-t-il déclaré, « l’Europe sera le continent produisant le plus de vaccins d’ici la fin de l’année. »

Vaccinodromes

Pendant ce temps, après un démarrage lent de sa campagne de vaccination, les derniers chiffres officiels montrent que 9 109 776 personnes en France ont maintenant reçu leur premier vaccin avec 3 091 225 ayant reçu les deux doses (4,61% de la population).

La France est sur le point d’administrer 10 millions de premières injections d’ici la mi-avril et ouvre d’énormes centres gérés par l’armée, dont un «vaccinodrome» qui ouvre au Stade de France, au nord de Paris, le mardi 6 avril.

Dans l’un de ces centres dans les Yvelines, à l’ouest de Paris, plus de 1 600 personnes ont reçu mercredi dernier une injection de vaccins Pfizer / BioTech ou Moderna.

Mais il semble y avoir une méfiance croissante à l’égard du vaccin AstraZeneca en raison des préoccupations concernant les liens possibles avec la coagulation sanguine.

Problèmes d’AstraZeneca

Des centaines de rendez-vous de vaccination ont été annulés à Calais et dans les environs au cours du week-end après que les centres de vaccination ont épuisé leurs fournitures Pfizer et ont commencé à proposer le vaccin AstraZeneca.

Seulement 200 des 750 doses d’AstraZeneca disponibles ont été administrées et plusieurs centres ont fermé prématurément.

«C’était l’un des derniers week-ends à fournir un premier coup d’AstraZeneca, et à partir de la semaine prochaine, nous ferons les rappels», a déclaré lundi le coordinateur des vaccins, le Dr Thierry Mraovic, à la radio locale.

«Mais les gens se méfient après toutes les communications négatives autour de ce vaccin, ils croient que c’est dangereux», a-t-il déclaré.

Les avantages l’emportent sur les risques

Vendredi, l’Agence française du médicament (ANSM) a rapporté que depuis le début de la campagne de vaccination, il y avait eu douze cas, dont quatre décès de thromboses rares chez des personnes ayant reçu le vaccin AstraZeneca.

Il a décrit les caillots sanguins comme «très atypiques».

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré la semaine dernière qu ‘«un lien de causalité avec le vaccin n’est pas prouvé mais est possible, et une analyse plus approfondie se poursuit».

L’EMA doit se réunir cette semaine pour discuter de la question.

« Les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec son risque associé d’hospitalisation et de décès, l’emportent sur les risques d’effets secondaires », a-t-il déclaré dans un communiqué le 31 mars.

La France continue de lutter pour contenir la propagation du Covid-19 et de ses variantes les plus récentes, très contagieuses. 5300 personnes sont actuellement en soins intensifs avec des conditions liées à Covid, menaçant de submerger les hôpitaux.

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