La France sanctionne des personnalités libanaises « pour avoir empêché la sortie de crise » | Actualités politiques

Aucun nom n’a été annoncé alors que le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que Paris impose des restrictions à l’entrée comme sanction pour son rôle dans la crise politique ou la corruption au Liban.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que Paris avait commencé à imposer des restrictions d’entrée à certaines personnalités libanaises pour corruption présumée ou entravant les efforts visant à trouver une solution à la crise politique prolongée au Liban.

Le Drian n’a pas nommé les personnes ciblées lorsqu’il a annoncé les mesures jeudi.

Mais ses commentaires ont été la première confirmation officielle du gouvernement français qu’il a imposé des sanctions contre des responsables libanais pour leur incapacité à réformer le pays à la suite de l’explosion meurtrière du port de Beyrouth en août de l’année dernière.

«Sur une base nationale, nous avons commencé à mettre en œuvre des restrictions d’accès au territoire français contre des personnalités impliquées dans le blocage politique actuel ou impliquées dans la corruption», a déclaré Le Drian dans un communiqué à l’issue d’une visite à Malte.

« Nous nous réservons le droit d’adopter des mesures supplémentaires contre tous ceux qui empêchent une sortie de crise, et nous le ferons en coordination avec nos partenaires internationaux », a-t-il ajouté.

France FM sur l’impasse du gouvernement #Liban: nous ne resterons pas inactifs. Nous avons engagé des discussions avec nos partenaires européens sur les instruments à notre disposition pour accroître la pression sur les acteurs du système politique qui font obstacle à une sortie de crise

– Zeina Khodr (@ZeinakhodrAljaz) 29 avril 2021

Deux diplomates ont déclaré qu’une liste de noms avait été dressée et que les gens avaient été mis au courant, selon l’agence de presse Reuters.

« Ce ne sont pas que des mots dans l’air », a déclaré un diplomate français. «Ils (les responsables libanais) peuvent se rassurer que ce ne sont pas que des menaces.»

Le Drian a déclaré que des discussions étaient déjà en cours avec les partenaires européens de la France sur les «instruments» qui pourraient être utilisés pour accroître la pression sur les personnalités politiques libanaises qui «font obstacle à une sortie de crise».

«Les responsables du blocage doivent comprendre que nous ne resterons pas immobiles», a-t-il ajouté.

Cette déclaration intervient après la visite de l’ambassadrice de France au Liban dans la vallée de la Bekaa, où elle a réaffirmé le soutien de Paris.

«A l’occasion de ma première visite officielle à la Bekaa, j’ai réitéré devant mes interlocuteurs l’attachement de la France à un Liban unifié dans sa diversité», a déclaré Anne Grillo sur Twitter. «La France s’est engagée à soutenir tous les Libanais dans toutes les régions.»

A l’occasion de mon premier déplacement officiel dans la #Bekaa, j’ai réitéré à mes interlocuteurs l’attachement de la 🇫🇷 à un 🇱🇧 uni dans sa diversité.
La 🇫🇷 est engagée auprès de tous les Libanais, dans toutes les régions. pic.twitter.com/RbG2eXCd75

– Anne Grillo (@grillo_anne) 29 avril 2021

Le gouvernement intérimaire du Premier ministre Hassan Diab a démissionné à la suite de l’explosion du 4 août dans le port de Beyrouth qui a tué plus de 200 personnes et déclenché des manifestations contre la classe dirigeante enracinée.

Le président français Emmanuel Macron a appelé à une réforme radicale au Liban après l’explosion et a exprimé son exaspération face à l’absence de changement dans l’ancien territoire sous mandat français.

Macron a fait pression sur les politiciens libanais pour qu’ils forment un gouvernement composé de spécialistes non partisans qui peuvent travailler sur des réformes urgentes pour sortir le Liban de sa crise financière.

Cependant, ces efforts ont touché un mur alors que les politiciens libanais continuent de se chamailler sur la forme et la taille d’un nouveau cabinet et sur qui choisit quels ministres.

Le Premier ministre libanais désigné Saad Hariri et le président Michel Aoun ont échoué à plusieurs reprises à s’entendre sur un nouveau cabinet gouvernemental après des mois d’impasse, alors que le pays s’enfonce plus profondément dans la crise économique.

Une forte dépréciation de la livre libanaise ainsi que l’augmentation de la pauvreté et du chômage ont érodé le pouvoir d’achat et alimenté la colère de la population.

Plus tôt ce mois-ci, une lettre ouverte publiée dans le quotidien français Le Monde et signée par plus de 100 personnalités de la société civile libanaise a exhorté Macron à geler les avoirs suspects détenus par des responsables libanais.

La lettre disait qu’une «mafia politico-économique est responsable de la misère, de la faim et de l’insécurité dont souffrent de plus en plus de Libanais».

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