L’Australie célèbre le cinéma français avec un festival rare à l’époque de Covid

Délivré le: 03/03/2021 – 12:35

Le rideau s’est levé sur le 32e Festival du film français de l’Alliance Française (AFFFF) en Australie, célébrant le cinéma français contemporain à un moment où la pandémie de Covid a mis à genoux l’industrie artistique mondiale. Ce sera une première mondiale pour plusieurs des 37 films projetés dans l’événement d’un mois.

Dans une cour bordée d’arbres nichée sur le campus de l’Université de Notre-Dame à Sydney, des centaines de cinéphiles se sont réunis pour la soirée d’ouverture du festival. Il n’y a pas de masque en vue. Le cliquetis saccadé des flûtes à champagne ponctue l’interprétation par un trio musical des standards de la chanson française bien-aimés.

En cette douce soirée de début d’automne, les serveurs se faufilent dans la foule pour proposer des canapés sucrés et salés – du canard aux cinq épices aux cannelés caramélisés.

Ce sont des scènes inimaginables dans de nombreuses régions du monde actuellement prises sous l’emprise de Covid-19. En France, où cinémas, théâtres, salles de concert et autres lieux artistiques sont fermés depuis fin octobre, aller au cinéma est un lointain souvenir, avec des expériences culturelles reléguées au monde virtuel.

Mais en Australie, où le coronavirus a été maîtrisé, le plus grand festival du film français au monde a le feu vert pour se lancer. C’est une opportunité que les participants à la soirée d’ouverture ne tiennent pas pour acquise.

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A l’ouverture du festival du film français de l’Alliance Française @af_fff_aus, les invités étaient invités à la projection de « Eiffel » 🗼
Quel régal !
Voyagez en France sur grand écran! pic.twitter.com/ozf6tKz881

– Anne Boillon (@Niece_de_Rameau) 2 mars 2021

«Nous pensions être ici il y a 12 mois», [the 2020 event was cut short when Australia imposed tighter Covid restrictions] dit Clinton, un habitant de Sydney qui est un habitué du festival, avec sa partenaire Mirelle. « Nous avions le sentiment à l’époque que quelque chose se passait mais nous ne savions pas trop quoi. C’était la dernière fête qui s’est déroulée toute l’année. C’est donc excitant d’être de retour. »

Elsa, une expatriée française originaire de Toulouse est d’accord. «Je suis extrêmement reconnaissante de vivre une vie relativement normale en Australie et de pouvoir assister à un événement comme celui-ci», dit-elle. « Mais je pense aussi à mes amis et à ma famille en France qui n’ont malheureusement pas cette chance. »

Renaissance

L’édition australienne de l’AFFF attire chaque année plus de 300 000 francophiles et passionnés de cinéma, et bien que Covid menace de jeter son ombre, les organisateurs s’attendent à une bonne participation en 2021. «Nous sommes si privilégiés d’être le seul festival de cinéma au monde à aller de l’avant avec des personnes réellement présentes », a déclaré à RFI la directrice artistique du festival, Karine Mauris. « C’est le festival de la renaissance! ».

Sur les 37 films qui seront projetés pendant le mois d’hommage au septième art, plusieurs, comme le drame d’époque culinaire Délicieux (Délicieux) et le thriller tendu Boîte Noire (Black Box) avec Pierre Niney, auront leur première mondiale Down Under.

«C’est une période très compliquée pour le cinéma français», déplore Karine. La pandémie retardant un grand nombre de productions, il y a un arriéré de créations cinématographiques qui n’ont pas encore atteint le grand écran. « Les films ont été faits pour être vus et partagés, donc les distributeurs sont ravis qu’il y ait un public pour eux en Australie », ajoute-t-elle. « Il y a une vraie demande de cinéma français ici. »

Voyagez à travers le cinéma

L’honneur de la soirée d’ouverture a été décerné à « Eiffel » (une autre première internationale), qui ne sortira en France que plus tard cette année. Avec Romain Duris (L’Auberge Espagnole, Le rythme que mon cœur a sauté) dans le rôle de l’ingénieur civil gaulois Gustave Eiffel, le film explore le génie de l’ingénierie derrière le monument le plus emblématique de France.

Selon Philippe Ostermann, directeur de l’Alliance française de Sydney, «Eiffel» emmène les cinéphiles en France – sans passeport – et était donc le choix idéal pour lancer la procédure.

« Il incarne une France idéale dont les Australiens sont amoureux; la culture, l’architecture, l’histoire … en plus il y a une histoire d’amour! Cela coche toutes les cases pour les Australiens qui rêvent de la France », dit Philippe. « Parce qu’ils ne peuvent pas voyager là-bas pour le moment [Australian international borders have been closed since March 2020], ils peuvent au moins découvrir la France à travers son cinéma. « 

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