Les anciens professionnels du rugby français s’attaquent à l’intégration des réfugiés dans les vignobles |

Dans son ancienne vie, en Syrie, Hussam a travaillé comme journaliste et était un athlète d’élite. «J’ai été trois fois champion syrien de kickboxing», dit-il. Cependant, le conflit dans le pays a mis fin à ses ambitions professionnelles et sportives. «J’ai reçu une balle dans la poitrine, puis j’ai arrêté de faire du sport».

Contraint de partir, Hussam s’est réfugié en France, où il a trouvé un emploi dans les vignobles de la région bordelaise, travaillant comme saisonnier au Château Pédesclaux, qui produit le Pauillac, l’un des célèbres Grands Crus de Bordeaux.

Hussam est l’un des dizaines de réfugiés à fournir un service vital à une industrie qui a souvent du mal à trouver suffisamment de main-d’œuvre au moment de la récolte, une pénurie qui est devenue plus grave depuis la pandémie de COVID-19 a vu les restrictions de voyage rendre la tâche beaucoup plus difficile pour les travailleurs migrants pour entrer dans le pays.

© HCR / Kate Thompson-Gorry

Hussam, un réfugié syrien a participé à un entraînement de rugby qui rassemble des réfugiés et la communauté locale.

Le rugby à la rescousse

«Il y avait beaucoup d’incertitude sur notre capacité à trouver des gens pour travailler parmi les vignes, mais les vignes ne nous attendront pas», explique Vincent Bache-Grabielsen, directeur technique du Château Pédesclaux. «Nous devons suivre le cycle des saisons».

A la recherche d’une solution, le vignoble s’est tourné vers Ovale Citoyen, une association locale qui utilise le rugby (Bordeaux n’est pas seulement une région viticole réputée, mais aussi le cœur du rugby français) et d’autres sports pour favoriser l’esprit d’équipe et l’inclusion.

Depuis le début de la crise du COVID, l’association propose également un travail saisonnier à des personnes dans le besoin, y compris des réfugiés, dans un projet intitulé «Drop in the Fields», un jeu de mots qui fait référence aux drop buts, une façon de marquer des points en le rugby.

© HCR / Kate Thompson-Gorry

Des dizaines de réfugiés ont comblé une pénurie de main-d’œuvre pendant la saison des vendanges.

Quatre-vingt-dix réfugiés ont aidé à ramener les raisins lors de la dernière récolte, et 15 autres ont participé à une formation pour d’autres emplois liés à la viticulture, comme la conduite de tracteurs, qui offrent la possibilité d’un emploi toute l’année. Ovale Citoyen propose également des formations pour un large éventail de carrières dans l’industrie du vin, ainsi qu’un accompagnement social et juridique.

Le sport joue un rôle central, en partie parce que Ovale Citoyen a été créé par d’anciens joueurs de rugby professionnels de l’Union Bordeaux Bègles (le mot «ovale» fait référence à la forme ovale d’un ballon de rugby). Le groupe promeut également le football et la boxe.

«Le rugby a des valeurs sociales, des valeurs du cœur, et il nous a semblé très important que les réfugiés puissent en profiter», explique Jean François Puech, l’un des fondateurs d’Ovale Citoyen, expliquant que l’association fait progresser l’intégration sociale. et l’idée que chacun a sa place sur le terrain indépendamment de sa situation sociale, de son niveau d’éducation ou de son physique. «Quelles que soient l’origine, la religion, l’orientation sexuelle ou même l’histoire d’une personne, tout être humain a droit au bonheur».

«Ovale Citoyen m’a encouragé à reprendre le sport», dit Hussam. «Le rugby m’a donné beaucoup de choses importantes: il m’a donné des contacts avec la communauté locale, de nouveaux amis, et cela m’a donné de l’espoir».

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