Les vendeurs de chocolat «  incontournables  » de la France sonnent pour la deuxième fête de Pâques sous clé

Délivré le: 02/04/2021 – 19:29

Alors que la France subit un troisième verrouillage national du Covid-19 au milieu de sa troisième vague en plein essor, quelque 60000 magasins non essentiels à travers le pays ce dimanche – dimanche de Pâques – rejoindront les 90000 déjà fermés depuis le 20 mars dans des zones durement touchées comme Paris. En France, il n’a guère fait sourciller que les chocolateries comptent parmi la liste des commerçants autorisés à rester ouverts. Cette saison des fêtes compte certainement comme une période incontournable pour les chocolatiers français.

En effet, les Français sont parmi les plus grands mordus du chocolat en Europe. Le ménage moyen en France a consommé 7,2 kg de chocolat l’année dernière, selon le syndicat du chocolat du pays, le Syndicat du chocolat. Les connaisseurs français ont un faible pour le chocolat noir, qui représente 30% du chocolat dont jouit le pays, contre 5% dans l’ensemble de l’Europe, selon le groupe d’études de marché Kantar.

Quatre-vingt dix pour cent des chocolatiers du pays sont des petites et moyennes entreprises, selon le Syndicat du chocolat.

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,3 milliards d’euros l’année dernière, la profession emploie 30000 personnes en France, des géants français (Barry Callebaut, Cémoi) et des multinationales étrangères avec des usines en France (Lindt, Ferrero) jusqu’aux artisans les plus créatifs des standards de Pâques. .

Certaines créations sont pratiquement dignes d’un musée: Pour 2021, le chef cuisinier de La Maison du Chocolat, Nicolas Cloiseau, a créé une œuvre d’art en chocolat en édition limitée intitulée « Oeuf UFE – œuf volant non identifié » à la main à partir de 7 kg de chocolat pour la douce somme de 1500 €.

Le budget annuel moyen du chocolat de Pâques en France a toutefois augmenté à 19,31 € en 2018.

La saison de Pâques, qui représentait 296 millions d’euros de ventes de chocolat en 2019 selon Nielsen, vient juste après Noël (759 millions d’euros) en importance pour les chocolatiers du pays. La semaine précédant le week-end de Pâques représente généralement plus de la moitié des recettes de chocolat de Pâques.

Le choc du premier verrouillage de la France l’année dernière a laissé les fournisseurs de chocolat du pays dans le pétrin. Certains détaillants étant fermés et les consommateurs bloqués se concentrant peut-être sur d’autres priorités, les ventes de chocolat de Pâques 2020 ont considérablement chuté. Les grands détaillants ont vu les revenus du chocolat chuter de 27% lors de la saison très importante.

«Les enfants constituent le segment le plus résilient du marché, en particulier lorsque les personnes âgées enfermées ou auto-isolées snobent la [chocolate] et le partage est limité à la famille proche et aux amis », selon le magazine spécialisé français LSA Conso.

Cette année, alors même que le pays se retrouve à nouveau confiné pour le week-end de Pâques, l’industrie estime qu’elle est mieux préparée. Chocolatiers et détaillants ont prolongé la saison pour faire passer les bonbons festifs devant les consommateurs plus tôt et ont développé le «click-and-collect» et la vente en ligne, mettant en œuvre «les leçons du premier lock-out», comme Patrick, chef du Syndicat du chocolat Poirrier les a appelés.

Bien qu’il ne soit pas étranger aux festivités en France, le lapin de Pâques, d’origine allemande, n’est pas ici la star de l’occasion qu’il est devenu dans le monde anglo-saxon. Dans la tradition catholique en France, la tradition de Pâques veut que les cloches sonnent distribuent les bonbons. Les cloches en chocolat, les œufs et les poules constituent une part considérable de l’iconographie française des friandises de Pâques, le poisson étant une autre référence biblique généralement devenue chocolatée pour l’occasion (bien que les lapins, les canards, les pandas et les kangourous soient également les bienvenus).

La coutume de la cloche vient de la pause symbolique dans la sonnerie des cloches que les églises marquent entre le Vendredi saint et le dimanche de Pâques dans le deuil de Jésus-Christ avant la résurrection. Pour expliquer le silence de la cloche, on disait traditionnellement aux enfants que les cloches avaient volé à Rome pour être bénies par le pape. À leur retour, au milieu d’un carillon prolifique, on dit qu’ils rapportent des œufs en chocolat qui «atterrissent» dans les champs et les jardins – ou sur les balcons d’appartements.

En effet, alors que le premier verrouillage du pays l’année dernière signifiait des parcs et jardins fermés ainsi qu’un ordre de rester à la maison qui ne permettait qu’une heure par jour pour avoir l’air frais dans un rayon d’un kilomètre, le dernier verrouillage français encourage les aventures en plein air. Les nouvelles règles permettent un temps illimité à l’extérieur dans un rayon de 10 kilomètres avant le couvre-feu national de 19 heures et les espaces verts publics restent ouverts. Le résultat pour un chocolatier? Chasse aux œufs de Pâques.

« Dehors! Cela fait toute la différence par rapport à l’année dernière où nous étions contraints de rester enfermés à l’intérieur », a déclaré Poirrier, également PDG du géant du chocolat Cémoi, au Parisien. « C’est ce qui nous donne de l’espoir pour cette édition. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *