Mayotte abandonnée par la France lors de la pandémie de COVID-19?

Mayotte lutte contre le COVID-19

Mayotte, l’archipel français situé dans l’océan Indien, a été durement frappé par la deuxième vague de la pandémie – avec la variante sud-africaine, en particulier, faisant des ravages.

Le taux d’incidence est actuellement de 800 cas pour 100 000 habitants – de loin le plus élevé de France.

Et pourtant, l’éloignement de ce département à 8 000 km de Paris accroît le sentiment d’isolement, voire d’abandon.

Estelle Youssoufa, présidente du Collectif des citoyens de Mayotte, a partagé sa position sur le manque perçu d’attention ou d’assistance de la France.

«On vit le drame parce qu’on voit des familles entières se décimer, des vieillards disparaître, mais on a aussi le sentiment d’être complètement oubliés par Paris.

« Nous n’avons jamais eu de visite du ministre Véran, par exemple, qui court derrière les caméras dans toute la métropole en disant qu’il aide les plus faibles. Eh bien, à Mayotte, nous sommes les plus faibles. Nous tombons comme des mouches, et les membres du gouvernement ne se précipitent pas pour venir à notre secours, loin de là.

« On ne peut pas laisser une population française mourir dans l’oubli, dans l’anonymat. On a l’impression d’être complètement invisibles comme si nos vies ne valaient rien ».

Le système de santé de Mayotte ne se porte pas bien

Le seul hôpital de Mayotte à Mamoudzou est débordé.
Il dispose de 36 lits en réanimation pour l’ensemble de la population de l’archipel, soit 450 000 personnes. Tous sont occupés par des patients Covid-19.

Et comme l’afflux de patients ne ralentit pas, des évacuations sanitaires sont organisées vers la Réunion.

Sans parler de tous les autres patients, pour lesquels les opérations ont été retirées des horaires préalablement programmés. De plus, il y a le problème du manque d’oxygène et du personnel médical insuffisant …

Initiatives de santé et mesures de verrouillage

Il y a deux jours, l’État a organisé le transport d’une équipe de sécurité civile pour mettre en place un hôpital de campagne.

Isabelle Arnaud, médecin-chef au service de la sécurité civile, décrit la récente initiative.

«Quand nous avons vu qu’il y avait une grande quantité de cas de Covid sur les îles de Mayotte et de la Réunion et que l’hôpital de Mamoudzou était vraiment sous tension, nous avons proposé notre aide pour venir soulager l’hôpital de Grande Terre pour recevoir tous les Covid et urgences non-Covid. « 

Dans une tentative d’arrêter la propagation de la pandémie, Mayotte est en lock-out depuis début février et devrait se prolonger de deux semaines.

Le contrôle des déplacements sur l’île sera également renforcé. Les automobilistes, en particulier, ont été ciblés, mais désormais, même les piétons auront besoin d’un certificat pour voyager. Le défaut d’en produire un pourrait entraîner une amende de 135 euros.

Complications économiques complexes

Bien que le verrouillage imposé soit une mesure pour remédier à la crise sanitaire, la mesure sanitaire a posé un problème économique – car une grande partie des habitants de l’île sont incapables de poursuivre leurs activités habituelles.

En tant que telles, les restrictions de verrouillage rendent la situation déjà désastreuse dans le pays encore plus compliquée.

Mayotte a officiellement commencé son programme de vaccination le 25 janvier mais il a été lent à se déployer.

Sur l’île qui compte 270000 habitants, plus de 16000 infections et 98 décès ont été signalés depuis mars 2020, selon l’Organisation mondiale de la santé.

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