Publication du rapport sur le rôle de la France dans le génocide rwandais

Un rapport sur le rôle de la France dans le génocide rwandais de 1994 qui a fait au moins 800 000 morts doit être publié.

Les historiens étudient les liens de la France avec le massacre depuis deux ans, au milieu des affirmations de longue date selon lesquelles le pays aurait pu faire plus pour l’arrêter.

Le président français Emmanuel Macron a ordonné la mise en place d’une commission de 15 membres en 2019 et a donné à ses membres l’accès aux archives pour analyser le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994.

Le rapport sera remis à M. Macron à 16h30 (15h30 GMT) vendredi, avant d’être rendu public, selon l’AFP.

La commission ne comprend aucun spécialiste du Rwanda, qui, selon la présidence française, était nécessaire pour garantir la neutralité, rapporte l’AFP.

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Les historiens incluent plutôt des experts sur l’Holocauste et les massacres des Arméniens ottomans pendant la Première Guerre mondiale, a indiqué l’agence.

Plus de 800 000 Tutsis et Hutus qui tentaient de les protéger ont été tués pendant 100 jours entre le 7 avril et le 15 juillet 1994.

Le massacre a été déclenché le 6 avril lorsqu’un avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana, qui, comme la plupart des Rwandais, était d’origine hutue, a été abattu à Kigali, tuant le chef.

Dans ce dossier photo prise le 12 juillet 1994, un soldat français occupe sa position près du village de Kivumu, dans l’ouest du Rwanda, alors que des réfugiés rwandais fuient les combats.

(Pascal Guyot / AFP via Getty Images)

La communauté minoritaire tutsie a été accusée d’avoir abattu l’avion, ce qu’elle a nié, et des extrémistes hutus ont commencé à les tuer, ainsi que des Hutus modérés.

Environ 70% de la population tutsie du pays a été tuée au cours de l’effusion de sang.

En avril 2020, quelques jours à peine avant le 26e anniversaire du génocide, les autorités rwandaises ont découvert un charnier censé contenir jusqu’à 30000 corps dans un barrage de la vallée à l’extérieur de la capitale, Kigali.

Le président français François Mitterrand (à gauche) s’entretient avec son homologue rwandais Juvénal Habyarimana à son arrivée à Kigali le 10 décembre 1984

(Georges Gobet / AFP via Getty Images)

Une enquête publique sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 a tenu des audiences à Kigali en 2006, où l’armée française a été accusée de complicité dans les massacres de Tutsi.

Le Rwanda a également accusé dans le passé François Mitterrand, alors président français, et trois anciens Premiers ministres français d’être complices du génocide.

En 2011, une commission d’enquête mise en place par le gouvernement à Kigali a accusé M. Mitterrand, Edouard Balladur et deux premiers ministres ultérieurs – Alain Juppé et Dominique de Villepin – de soutien «politique, militaire, diplomatique et logistique» au régime hutu.

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