Rapport Pays France | Des mesures de relance massives stimuleront la reprise économique

Crédito y Caución (Atradius) | Au premier trimestre de cette année, le PIB français a augmenté de 0,4% en glissement trimestriel, soutenu par le fait qu’un autre verrouillage national a été suspendu jusqu’en avril. La croissance a été principalement tirée par les dépenses d’investissement et une augmentation modeste de la consommation privée.

Alors que le taux de croissance au deuxième trimestre sera affecté par les mesures de verrouillage globales imposées en avril, l’assouplissement progressif de ces restrictions en mai et juin, associé au déploiement de la vaccination, entraînera un rebond au second semestre. Selon Oxford Economics, l’économie française devrait croître de 5,4% en 2021, après une forte contraction de 8,2% en 2020. Le rebond économique sera principalement tiré par la demande intérieure. La consommation et l’investissement des ménages augmenteront respectivement de 3 % et de 10,5 %, les investissements des entreprises bénéficiant des mesures de relance importantes en cours (voir ci-dessous). Alors que la consommation publique réelle augmentera de 4,7%, les exportations devraient rebondir de 11%, après une contraction de plus de 16% l’an dernier. L’inflation augmentera de 1,5 % cette année, en raison de la reprise et de la hausse des prix de l’énergie.

En 2022, l’économie française devrait croître de 5,3 %, avec une nouvelle hausse des investissements et des exportations (respectivement + 4,5 % et 9 %). La consommation privée devrait croître de 6,7%. Comme au S2 2021, le pouvoir d’achat des ménages sera soutenu par le régime de congé du gouvernement et l’épargne accumulée pendant les confinements. Cependant, la hausse du chômage (qui devrait passer à 9,2 % en 2022, contre 8,3 % en 2021 et 7,8 % en 2020) pourrait freiner la consommation privée.

Des mesures de relance massives ont fait grimper la dette publique

Depuis le déclenchement de la pandémie en France, le gouvernement français a lancé des mesures de relance massives pour soutenir les consommateurs et les entreprises. Afin de soutenir les entreprises touchées par la pandémie, le gouvernement a lancé plusieurs mesures, par exemple un dispositif de congé, un Fonds de solidarité pour aider les petites entreprises et les micro-entrepreneurs, un grand programme de prêts garantis par l’État (PGE) , et des mesures facilitant la mise en place de moratoires sur la dette et le paiement des loyers.

En raison de ces mesures de relance et de l’impact négatif de la pandémie sur les recettes fiscales, le déficit public français a augmenté à 9,4 % du PIB en 2020. Avec des dépenses publiques supplémentaires pour soutenir l’économie en 2021 et en 2022, un autre déficit de près de 9 % du PIB est attendu cette année, suivi d’un déficit de 6,5% du PIB l’année prochaine. Actuellement, le programme de politique économique du gouvernement se concentre sur la mise en œuvre d’un plan de relance de l’offre de 100 milliards d’euros (dont 40 milliards d’euros proviendront du fonds de relance de 750 milliards d’euros de l’UE, sous réserve de l’approbation finale de la Commission européenne et du Conseil européen) . Le plan de relance vise principalement à dynamiser le secteur industriel en augmentant la compétitivité et les investissements dans la numérisation et l’écologie (entreprises vertes), tandis qu’un autre pilier est le renforcement de la cohésion sociale et territoriale (y compris la création d’emplois/minimiser la hausse du chômage).

La dette publique passera à près de 120 % en 2021, le troisième ratio dette/PIB le plus élevé de la zone euro après la Grèce et l’Italie. Néanmoins, à court terme, le gouvernement privilégiera la croissance économique à l’assainissement budgétaire. Ceci est aidé par le fait que la Banque centrale européenne (BCE) soutient indirectement les finances publiques de la France avec sa politique monétaire extraordinairement souple. La BCE s’est engagée à acheter des actifs dans le cadre du programme d’achat d’actifs en cas de pandémie (PEPP), et elle a augmenté et prolongé le PEPP en décembre 2020. La BCE achètera jusqu’à 1,85 billion d’euros d’obligations jusqu’en mars 2022, et elle réinvestira les paiements de principal jusqu’en fin 2023. Cela maintiendra les coûts de financement à un niveau bas pour le moment et offrira aux gouvernements de la zone euro un certain espace pour augmenter leurs émissions de dette.

Mises à niveau des prévisions de performances pour certaines industries

En raison de l’amélioration des perspectives économiques, les perspectives de risque de crédit/de performance commerciale de certaines industries clés ont récemment été revues à la hausse, bien qu’à partir d’un niveau très bas dans la plupart des cas.

Automobile/Transport : la production du secteur automobile devrait augmenter d’environ 22 % cette année, après avoir diminué de 28 % en 2020. Cependant, malgré le fort rebond, la situation du risque de crédit de nombreuses entreprises reste tendue, car le ralentissement de 2020 a entraîné de graves les tensions sur la liquidité et les déficits de trésorerie. Malgré des mesures de relance globales (par exemple des mesures de dépenses directes et d’allégement fiscal), de nombreux sous-traitants de niveau I et II, et même certaines entreprises de taille moyenne, sont confrontés à un risque de crédit accru. La production de l’industrie aérospatiale française rebondira d’environ 13 %, mais elle a enregistré une contraction de plus de 30 % en 2020. Les sous-traitants continueront de souffrir d’une activité atone, sans réelle reprise attendue avant 2024-2025. Le segment devant se consolider, de nombreux acteurs disparaîtront à court et moyen terme. En raison de tous ces facteurs défavorables, les perspectives de performance du secteur restent « sombres » pour le moment. Construction/Matériaux de Construction : les perspectives de performance du secteur ont été revues à la hausse d’un cran, mais elles restent pour l’instant « Mauvaises ». Le secteur fonctionnait mal avant l’épidémie de coronavirus, avec des problèmes de trésorerie accrus pour les entreprises en raison des difficultés à financer leurs besoins en fonds de roulement.

La production dans la construction s’est contractée de 14 % en 2020. Alors que l’activité de construction résidentielle et non résidentielle a continué de baisser au début de 2021, les sous-secteurs des travaux de rénovation sont restés résistants jusqu’à présent. La production de la construction devrait rebondir d’environ 12% en 2021, mais les pénuries de matériaux, les prix volatils des intrants et le report des projets pèsent sur les entreprises aux marges plus serrées. Grâce aux mesures de soutien gouvernementales, les défaillances dans le secteur de la construction sont restées faibles en 2020 et au premier trimestre 2021, mais une augmentation des défaillances d’entreprises est attendue vers la fin de cette année.

Electronique/TIC : les ventes se sont détériorées en raison de la fermeture d’entreprises en raison des blocages, et certains commerces de détail sont confrontés à un niveau réduit de flux de trésorerie entrants. Cependant, les dépenses des entreprises et des employés en biens et services numériques ont augmenté en raison de la forte augmentation du travail à distance, et la production des TIC devrait augmenter de 5 % cette année. Par conséquent, les perspectives de performance du secteur ont été relevées d’un cran, passant de « Mauvais » à « Passable ».

Machines/Ingénierie : la production de machines rebondirait de 13% en 2021 après une contraction du même chiffre en 2020. Après une période difficile due au gel des investissements de nombreuses industries, un rebond s’est amorcé depuis fin 2020. Les perspectives restent positives pour le S2 2021 et pour 2022, car les investissements en capital précédemment reportés seront enfin réalisés. La production d’ingénierie devrait croître de 11 % cette année et de 4,5 % en 2022. Par conséquent, les perspectives de performance du secteur ont été relevées de deux crans, passant de « sombre » à « acceptable ».

Métaux et acier : les deux secteurs connaîtront une reprise des commandes et des ventes cette année, alors que la demande de certains secteurs acheteurs clés (automobile, construction et machines/ingénierie) rebondit. La production sidérurgique française devrait augmenter de 14,5 %, après une contraction de 18,5 % en 2020. Alors que les producteurs bénéficient actuellement de prix de vente plus élevés en raison de la demande croissante et des pénuries de produits sidérurgiques et métalliques, des prix des intrants plus élevés en raison d’un manque de matières premières sont un problème. Les secteurs des métaux et de l’acier ont été mis à jour d’un cran, de « Bleak » à « Pauvre ».

Services : En raison des mesures de verrouillage complètes et de la pandémie en cours, de nombreux segments ont fortement souffert, en particulier les hôtels et la restauration, les restaurants, les bars, les événements de divertissement et culturels, les agences de voyage et les voyagistes. Après une contraction de 10 % en 2020, la production de services devrait rebondir d’environ 4 % cette année. La reprise du secteur du tourisme à ses niveaux antérieurs prendra un certain temps. Les flux touristiques ne reprendront pas totalement en 2021, certaines personnes s’abstenant de voyager pour limiter les risques sanitaires. Avec l’assouplissement des restrictions, le segment de l’hôtellerie et de la restauration, durement touché, rebondira, mais d’environ 8 % seulement en 2021, après une contraction de 29 % l’année dernière. Les prévisions de performance du secteur des services restent « sombres » pour le moment. Hausse des défaillances attendue au second semestre 2021 Malgré la forte contraction économique en 2020, les défaillances d’entreprises françaises ont diminué de 39 % sur un an, à 31 200 cas. Selon la Banque de France, les défaillances d’entreprises ont diminué de 35 % sur la période avril 2020 – avril 2021. Cette baisse est principalement due à un moratoire temporaire sur les faillites et à un important soutien budgétaire. Alors qu’un moratoire sur l’obligation de déposer une demande d’insolvabilité a expiré fin août 2020, les mesures de relance massives pour soutenir les entreprises ont maintenu les chiffres d’insolvabilité bas. Avec l’expiration ou la réduction de l’aide fiscale, on s’attend à ce que les défaillances d’entreprises augmentent à nouveau vers la fin de 2021. Si l’on considère la croissance cumulée des défaillances entre 2019 et 2021, les défaillances d’entreprises françaises devraient augmenter de 8 %, et une nouvelle augmentation des défaillances est attendue en 2022.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *