Un tribunal français ordonne la démolition «  historique  » de sept éoliennes

Marjolaine Villey-Migraine, du VPPN Collectif 34-12, un groupement de 65 associations, a déclaré que la décision du tribunal de Montpellier était historique: «C’est une première en France et deviendra un précédent pour les affaires futures.

Le tribunal a ordonné la démolition des turbines de 93m de Bernagues dans les Grands Causses dans l’Hérault, même si les propriétaires lancent un recours.

Ils ont commencé à produire de l’électricité en 2016, mais l’année suivante, le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative de France, a rejeté le permis de construire.

L’avocat de VPPN, Nicolas Gallon, a déclaré qu’il était rare de gagner une telle affaire. Il a déclaré: « La technologie est relativement nouvelle, il n’y a donc pas eu beaucoup de cas, et ordonner la démolition et les coûts que cela implique montre que nos arguments sont solides. »

Energie Renouvelable du Languedoc, qui fait partie du groupe de construction Valeco, s’est vu accorder quatre mois pour remettre le site dans son état d’origine avec une pénalité de 9 000 € par jour de dépassement. VPPN dit que les turbines sont un danger pour l’environnement.

Mme Villey-Migraine a déclaré: «Ils sont au sommet d’une montagne, dans une région avec des espèces protégées, notamment des aigles royaux.

«  Un jeune aigle a été tué par une turbine et la mort d’un vautour cinere a conduit à l’ordre de ne tourner les turbines que la nuit  »

« Il y a aussi des restrictions dues aux chauves-souris. D’autres turbines sur les montagnes menacent les espèces protégées, mais ce sont les seules que nous pouvions contester devant les tribunaux au sujet du permis de construire. »

Les lapins et les rongeurs sont attirés par les sites récemment creusés et c’est une attraction fatale pour les aigles, qui volent à la même hauteur que les aubes de turbine.

Mme Villey-Migraine est convaincue de vaincre l’appel de Valeco: «Nos arguments sont forts – comme une maison, si vous construisez sans permis, c’est risqué.» Elle a dit que les turbines n’étaient pas populaires. «Nous sommes au sein de la Fédération Environnement Durable (FED) et ses 1 300 associations luttent toutes contre les parcs éoliens.

«Nous ne pensons pas qu’ils produisent suffisamment d’énergie pour sauver la planète. Si davantage de maisons passaient du chauffage électrique à des options vertes, nous n’aurions pas besoin de produire autant d’électricité en premier lieu. »

Valeco va faire appel de la décision et a déclaré: «Nous sommes extrêmement surpris par cette décision inattendue, qui aura de graves conséquences pour nos activités à Montpellier.»

Le groupe anti-éolien FED a estimé le coût de démolition à 900 000 € pour une turbine de 3 MW – et Bernagues dispose de sept turbines totalisant 16 MW.

À Angoulême, en Charente, une autre affaire devrait être entendue où la société de turbines Eolfi réclame 14 millions d’euros de dommages-intérêts à un propriétaire de vignoble d’Auge-Saint-Médard après avoir changé d’avis sur l’autorisation d’une turbine sur ses terres.

Le propriétaire a déclaré qu’il avait été induit en erreur sur la taille de la turbine, estimant qu’elle était petite. Après avoir signé, on lui a dit que ce serait le plus grand, à 186 m. Eolfi n’a pas répondu à un appel.

Trop peu de sites et trop de résistance frappent les nouveaux plans

La France vise à accroître son utilisation des énergies renouvelables pour produire un tiers de son électricité d’ici 2030 et considère les éoliennes comme une arme clé.

Il prévoit de doubler le nombre d’éoliennes terrestres d’ici 2028 – nécessitant 6500 nouveaux mâts – mais le moniteur d’énergie renouvelable EurObserv’ER dit qu’il est peu probable qu’il réussisse en raison de la difficulté à trouver de nouveaux terrains sur lesquels construire.

La production était déjà en baisse en 2020 en raison de la crise sanitaire, mais 47% du pays est inaccessible aux nouveaux mâts en raison du trafic aérien civil et militaire et des sites de protection du patrimoine et de la nature.

Le rapport EurObserv’Er dit qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des sites en raison d’un manque d’acceptation par le grand public, «une situation que les professionnels de l’éolien ne connaissent que trop bien».

Les régions Hauts-de-France (4,9 GW) et Grand Est (3,9 GW) détiennent plus de la moitié du total et n’en veulent plus. Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a appelé à un moratoire dans sa région.

Le nord de la France compte le plus grand nombre d’éoliennes, avec 1815 MW dans la Somme, tandis que l’Isère n’en compte que 3 MW, mais de nombreux départements n’en ont pas

L’Occitanie, le Centre-Val de Loire, la Bretagne, la NouvelleAquitaine et les Pays de la Loire ont également des totaux supérieurs à 1 GW. L’Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Corse et les départements d’outre-mer sont les moins nombreux. Le plus petit de tous est l’Isère, qui n’a que 3 MW de production.

Une option d’expansion consiste à mettre à niveau les sites actuels avec des turbines plus performantes, mais ce n’est pas possible sur tous les parcs éoliens, car ils ont déjà des restrictions en raison de leur position, qui peut être proche de radars sensibles, par exemple.

Une autre consiste à développer des parcs éoliens offshore, qui peuvent être beaucoup plus importants en puissance et en nombre de mâts.

Les premières turbines marines devraient être en service à Saint-Nazaire d’ici la fin de 2022 et la France prévoit 1 GW de production supplémentaire chaque année par la suite. Six sont en développement, avec Fécamp, Saint-Brieuc et Dieppe / Le Tréport qui rejoindront le réseau en 2023, Courseulles-surMer et Iles d’Yeu et de Noirmoutier en 2024, et Dunkerque en 2027.

L’énergie éolienne a produit 8,9% de l’électricité en France en 2020, contre 6,3% en 2019. La France est le quatrième producteur européen d’énergie éolienne, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne, pour l’énergie produite, mais 13e pour la contribution en pourcentage à la la grille. En 2019, 47% de l’électricité du Danemark était produite par l’éolien, 33% en Irlande et 24,6% en Allemagne.

L’énergie solaire produit beaucoup moins et représentait 2,9% de l’électricité du réseau en 2020. Selon EurObserv’ER, la France devra augmenter la production de parcs solaires plus de trois fois plus vite qu’aujourd’hui pour atteindre les objectifs pour 2023 (20,1 GW) et pour 2028 (entre 35,1 GW). et 44.GW).

L’hydroélectricité est la première source d’énergie renouvelable: 13,9% de l’électricité ici en 2019. C’est le secteur considéré comme le plus susceptible d’atteindre les objectifs qui lui sont fixés, principalement en modernisant les sites existants.

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